Je m’appelle Diana Patricia Gemelli, je suis née au pays du bout du monde : l’Argentine. « Autant que je m’en souvienne j’ai toujours cuisiné », ai-je écrit dans mon premier livre. Mais il ne m’est jamais venu à l’esprit de faire de cette passion mon métier.
Je voulais devenir vétérinaire. Finalement, les aléas de la vie ont fait que je me suis tournée vers les Sciences humaines et les lettres, sans pour autant oublier mes deux premiers amours : la cuisine et les animaux.
Le philosophe René Descartes affirmait « Je suis une chose qui pense », cogito, ergo sum. Deux siècles plus tard, un bouleversement philosophique peut entraîner l’affirmation « Je suis une chose qui mange ». Du « Le banquet » de Platon à la galette d’orge d’Epicure en passant par Nietzsche, Sartre, sans oublier le contemporain Michel Onfray qui a écrit plusieurs livres à ce sujet, la nourriture est au centre de notre vie. Peut-on omettre de citer la Cène et l’univers des religions sur le sujet de l’acte de manger et la façon de préparer les aliments !
Voilà pour le titre. Mais dans chaque cuisine, s’écrit aussi l’histoire familiale et personnelle de chacun. Chaque fois que je prépare la recette de ma mère, la « carne pajarito » (ragoût de viande appelé « petit oiseau »), je suis en train de recréer une recette de la mamie italienne de mon père, Emma ! Ces recettes on été transmises par les femmes de ma famille. Et Emma, d’où tenait-elle son savoir faire ?
Créer, récréer, c’est aussi une façon de dévoiler sa personnalité. La façon de transformer les aliments en dit long sur nos envies, nos préférences et notre état émotionnel.
Je me souviens d’avoir parlé de mes premiers chagrins d’amour à ma mère autour d’un petit plat qu’elle préparait spécialement pour moi et cet échange intime se faisait bien sûr dans la cuisine familiale !
Ma façon de penser la cuisine
Ici point de recettes à base de foie gras, de cochon de lait ou de viandes issues d’abattages rituels. Au fil du temps, j’ai pris de la distance avec certains aspects de la cuisine que je trouve assez cruels. J’ai consacré la plupart de ma vie à me nourrir de viande, Argentine oblige.
Lorsque je dégustais les orgiaques asados, ces grillades mythiques argentines, je ne réfléchissais jamais à la façon dont les animaux avaient été élevés, nourris avant d’être mis à mort pour se retrouver dans mon assiette. Insouciante, mon plaisir ne devait pas être assombri par ces « détails » si je voulais continuer à être carnivore !
C’est ici, en France, et grâce à des nombreuses campagnes médiatiques que j’ai commencé à réfléchir à cette question débattue depuis quelque temps. Sans être devenue végétarienne, j’essaye de consommer de façon plus responsable.
Elever des animaux sans infliger une vie de souffrance (mutilations, confinement, obscurité, etc) est possible. De plus en plus d’éleveurs et de consommateurs se soucient du respect et du bien être des animaux d’élevage.
J’évite aussi, tant que je le peux, de manger des bébés animaux. Même si ce choix s’avère être un peu plus onéreux, je préfère acheter des poulets élevés en plein air. J’ai également proscrit certains produits tels les œufs de poules élevées en cage sans voir jamais la lumière du jour.
J’ai élargi mon univers culinaire en m’intéressant aux cuisines végétariennes et végétaliennes (dite aussi vegan). Elles ont aussi leur place dans ce blog.
Au menu donc, joie de créer et d’échanger avec mes lecteurs, fantaisie et plaisir des papilles !
Ma cuisine
Elle est inspirée par mes origines italo-argentines. L’identité argentine, tout comme sa gastronomie, est paradoxale. Comment l’identifier lorsque 90 % des argentins sont petit-fils d’un parent européen et, dans la plupart des cas, italiens ?
La cuisine déracinée des immigrants et sa fusion avec celle qui utilise les produits retrouvés dans cette vaste terre d’accueil prouvent, s’il fallait la démontrer, son originalité. Le résultat est prodigieux ! Cette cuisine empreinte d’un passé lointain a traversé l’océan puis a intégré les gestes ancestraux du Nouveau Monde. Cuisiner argentin, c’est cuisiner des émotions en racontant des histoires.
Je m’inspire aussi de voyages et découvertes, de souvenirs et recettes racontées par des personnes croisées au hasard ou celles et que je côtoie. J’aime que ma cuisine « parle » de vie car la cuisine ne ment jamais !
Mes liens avec vous
Laissez vos commentaires et je vous promets de répondre le plus vite que possible.